L’histoire complète de la bière à Bruxelles

La Belgique et la bière c’est une longue histoire. L’absence de conditions favorables à la vigne a probablement favorisé le développement des brasseries.

De plus, le mythe raconte que la bière était préférée à l’eau. En effet boire de la bière était bien moins risqué, la qualité de l’eau étant pendant longtemps déplorable.

Dans cet article, nous allons vous raconter étape par étape l’histoire de la bière à Bruxelles.

On parlera des premières associations de brasseurs, de la révolution française, de la grand place et de plein d’autres choses !

Pour ceux qui prévoit de voyager bientôt à Bruxelles, n’oubliez pas de lire notre article sur les meilleurs bar à bières de Bruxelles.

Vous êtes prêt ? C’est parti !

Les premières associations de brasseurs

A Bruxelles on peut considérer que l’apparition de la guilde des brasseurs en 1365 est le premier pas vers la création d’un écosystème brassicole. En effet les brasseurs s’associèrent alors entre eux et se portent secours mutuellement.

On considère d’ailleurs que le mot bière est probablement apparu en au 15ème siècle en Belgique. La bière a alors remplacé le mot cervoise et provient probablement de l’expression « Bibere » qui voulait dire boire.

L'arbre d'or à Bruxelles
La grande place à Bruxelles Photo de Alex Vasey 

C’est ensuite au 16ème siècle pendant la renaissance que la corporation des brasseurs va s’enrichir. Ils achètent notamment sur la Grand-Place de Bruxelles le batiment appelé de l’arbre d’or.

Ce batiment qui appartenait aux tapissiers va devenir la maison des brasseurs après restauration. Vous pouvez encore découvrir ce majestueux batiment sur la Grand-Place de Bruxelles.

La révolution française est ses conséquences sur la bière à Bruxelles

La révolution française aura des conséquences sur les brasseurs bruxellois. En effet la révolution redistribue les cartes et interdit notamment les guildes.

Les brasseurs ne sont donc plus regroupés en association ce qui les soumet à des premières difficultés.

Le cacao et ses conséquences sur la bière
Oui le cacao a eu des conséquences sur la bière. Photo de Pablo Merchán Montes.

De nouvelles boissons apparaissent également à cette époque comme le cacao. La popularité de la bière diminue et elle est progressivement remplacé par de nouveaux produits.

Pour faire face la taxe sur la bière sera supprimée pendant quelques années pour favoriser le travail des brasseurs.

Les brasseries bruxelloises du 19ème siècle

C’est lors de l’arrivée de Napoléon au pouvoir que les brasseries connaitront un nouvel âge d’or. En effet Napoléon souhaite relancer l’économie et cela passe également par le développement des brasseries.

A cette époque on estime que Bruxelles compte 120 brasseries situées pour la plupart dans la vallée de la Senne.

Des évènements décisifs dans l’histoire de la bière à Bruxelles

De nombreux évènements arrivent à Bruxelles dont notamment l’édition du traité complet de la fabrication des bières et de la distillation des grains.

Traité complet de la fabrication des bières
Le traité complet de la fabrication des bières, l’un des premiers écrits sur le sujet de la bière

Pour ceux qui souhaitent compléter leurs connaissances le document est trouvable sur Google Books.

C’est la première fois que la fabrication de bière est théorisée et cela permet potentiellement à de nouveaux brasseurs d’apparaître. En effet jusqu’en 1851, date d’apparition de ce traité, l’apprentissage de la bière se faisait uniquement entre maître et apprenti.

De plus en 1875 on voit également le mot gueuze apparaitre pour la première fois. C’est dans le dictionnaire de la brasserie que l’on mentionne la gueuze, pour laquelle nous allons vous donner plus de détails ci-dessous.

Gueuze Cantillon
La gueuze Cantillon une des Gueuze les plus connues. Photo de Dirk Van Esbroeck – Own work, CC BY-SA 3.0

Il faut savoir que jusqu’au milieu du 19ème siècle la plupart des brasseries de Bruxelles brassaient essentiellement des bières de type Lambic, Gueuze ou Faro. Pour rappel la Lambic est une bière en fermentation spontanée fabriquée en région bruxelloise. En effet les levures sauvages de la région de la Senne sont uniques au monde et permettent le brassage de cette bière.

La Gueuze est un assemblage de Lambics très souvent entre des lambics jeunes et vieux. Ce processus rappelle notamment ce qu’il se fait dans le vin. Enfin la Faro est une bière composée d’un assemblage de Lambic et de sucre.

Les brasseries Bruxelloises à l’aube du 20ème siècle

A la fin du 19ème siècle l’industrialisation détériore la qualité des berges de la Senne et force les brasseurs à quitter le centre de Bruxelles pour s’installer à l’extérieur de la ville. Par conséquent beaucoup de brasseries se déplacent notamment vers Saint-Gilles en banlieue bruxelloise.

De plus la fin du XIXème siècle voit également l’apparition des premières bières à fermentation basse tel que les Pils dans la région de Bruxelles. La brasserie de Koekelberg est considérée comme la première brasserie a brassée une pils en 1886.

Brasserie de Koekelberg
La brasserie de Koekelberg.

A la fin des années 1900 Bruxelles comptera malgré tout de nombreuses brasseries dont notamment la brasserie Wielemans qui était considéré à l’époque comme la plus grande brasserie d’Europe.

Brasserie Wielemans
Le chargement des futs vers les trains à la brasserie Wiedemans Photo le soir

Le 20ème siècle et ses évolutions brassicoles

Le 20ème siècle marque plusieurs tournants dans l’histoire de la brasserie bruxelloise. En 1900 la Belgique compte 3223 brasseries qui produisent encore plus de 14 millions d’hectolitres.

En parallèle la Belgique comptait alors plus de 185 000 débits de boissons ce qui nous donne un débit de boisson pour 32 habitants. A titre de comparaison la France avait 1 débit de boisson pour 80 habitants et l’Allemagne 1 pour 270 habitants !

Par ailleurs en 1900 que la bien connue et toujours existante brasserie Cantillon ouvre ses portes. A ce moment on trouve plus de 70 brasseries de lambic à Bruxelles. Elle est aujourd’hui une des dernières !

Gueuze Cantillon
La Cantillon une des dernières brasseries de la région de Bruxelles fabriquant des gueuzes.

La première guerre mondiale aura des conséquences fâcheuses pour de nombreuses brasseries. Assez logiquement la demande baisse et la main-d’œuvre manque. Le matériel s’abîme et certains brasseurs disparaissent pendant cette période. En 1920 il ne restera plus que 2013 brasseries.

La crise des années 30 suivie de la Seconde guerre mondiale n’arrangera pas les affaires des brasseries bruxelloises et belges. En effet en 1946 la Belgique ne compte plus que 755 brasseries.

Le phénomène de concentration et la renaissance des brasseries artisanales

A partir des années 1970 les brasseries belges n’échappent pas au phénomène de concentration visible dans le monde entier. En effet c’est durant ce siècle qu’apparaissent de grands conglomérats brassicoles qui rachète de nombreuses brasseries et les font connaitre à grand coup de publicité.

On note par exemple le groupe Interbrew qui fusionnera au courant des années 2000 et deviendra AB-InBev le fameux groupe brassicole. On peut également citer les groupes Palm et Duvel Mortgaat grand groupe brassicole.

Brasserie Duvel Moortgat
Photo de Ohnoitsjamie – Own work, CC BY-SA 3.0,

Si cela vous intéresse nous feront plus tard un article sur les grands groupes brassicoles. N’hésitez pas à nous laisser un commentaire sur cet article si cela vous intéresse !

La résistance des brasserie familiales

Malgré tout les brasseries familiales et artisanales résistent grâce notamment à la culture brassicole belge. C’est en 1979 qu’on voit apparaitre la première micro-brasserie (en France en 1986 à titre de comparaison). C’est la micro-brasserie Eloir qui s’appelle maintenant l’abbaye des Rocs.

En 1978 la brasserie Cantillon devient également le musée de la Gueuze. Cela prouve encore une fois l’attachement des belges à la culture et l’histoire de la bière.

Au final en 2015 la Belgique compte 200 brasseries dont beaucoup de brasseries artisanales. De nombreuses brasseries de qualité ont fait leur trou que par exemple le Brussels Beer Project (qui a ouvert récemment à Paris), la brasserie de la Senne ou encore la brasserie La lanterne.

Ces brasseries se distinguent des brasseries traditionnelles belges en étant dans la mouvance du mouvement craft beer. Les bières proposées sont donc très souvent des IPA, des sour ou autres bières experimentales.

Pour aller plus loin et découvrir les brasseries de Bruxelles

Pour ceux et celles qui le souhaitent je vous recommande mon guide sur les bars à bières de Bruxelles.

J’y présente les brasseries indépendantes suivantes toutes situées à Bruxelles (ou juste à coté, il faut pas chipoter) :


La brasserie Cantillon

La brasserie de la Senne

Le Brussels Beer Project

En Stoemelings

No Science

Nano Brasserie de l’ermitage

Drei Fonteinen

➡ Par ici pour découvrir les meilleures brasseries de Bruxelles

Conclusion

Découvrir Bruxelles et la Belgique c’est découvrir une partie de l’histoire de la bière.

Ce que je trouve génial en Belgique et à Bruxelles, c’est à quel point la diversité de la bière n’a jamais disparu. Les brasseries belges ont résisté tout au long de l’histoire malgré les difficultés pour rester indépendante.

On le voit encore aujourd’hui à Bruxelles avec des brasseries comme Cantillon, Brussels Beer Project et autre encore !